Re Ban

14 occhiale da sole anni rare vintage

Les derniers jihads locaux remontent à la seconde guerre mondiale et aux guerres d’indépendance (Inde, Bangladesh). Durant l’Empire, les Britanniques avaient installé en masse une population musulmane, provenant du Bengale, dans la région d’Arakan (Rakhine, d’où Rohingya en Bengali, terme que les musulmans ne commenceront d’ailleurs à utiliser que dans les années 1950).En 1942, le général Archibald Wavel arma les Bengalis d’Arakan contre les Japonais déjà présents dans la région, dans le cadre d’une nouvelle stratégie de Stay behind (résistance derrière les lignes), qui deviendra célèbre en Europe à l’occasion de la guerre froide. Mais, comme leur religion le leur impose, les Bengalis d’Arakan profitèrent de l’occasion pour étendre le dar el islam (territoire islamique) contre les mécréants birmans, majoritairement bouddhistes.

On ne peut malheureusement nier que l’année 2015 et la croisade identitaire/sécuritaire menée par le gouvernement aient dangereusement chargé la barque de l’école, accusée de tous les maux de la société. Après tout, lorsque Valls, au lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdo s’autorise à affirmer qu’ à l’école, on a laissé passer trop de choses , il ne fait guère que retrouver les accents de Pétain, en juillet 1940 : la France a perdu la guerre parce que les officiers de réserve ont eu des maîtres socialistes , lamentation préludant à une sévère reprise en main de l’école et de la société par le régime de Vichy. Et lorsqu’en 2016, un ancien président de la république qui aspire à le redevenir, expose, dans une indifférence quasi générale, un projet éducatif qui prévoit pas moins que l’instauration d’un service militaire obligatoire pour les élèves décrocheurs, c’est bien le signe d’une singulière dérive, autant à gauche qu’à droite, qui se refuse à prendre en considération le contexte social qui génère l’échec scolaire : à l’école comme dans la société, l’échec ne peut résulter que d’une faute personnelle.

Vers un ordre moral androphobe, Paris, ditions Ring, 2016.Pierre André Taguieff : Le soupçon et la dénonciation remplacent la volonté d’expliquer et de comprendre Propos recueillis par Matthieu GirouxPierre André Taguieff est politologue. Il est directeur de recherche au CNRS et professeur à l’institut d’études politiques de Paris. En 2014, il a publié Du Diable en politique (CNRS éditions), ouvrage dans lequel il analyse le processus de diabolisation de l’adversaire dans le débat intellectuel français.

Laisser un commentaire